Sur le versant sud-est du Montiferru, à 500 mètres d'altitude, enchâssé dans un amphithéâtre d'origine volcanique et protégé par des forêts luxuriantes, un trésor est gardé : une myriade de sources. Santu Lussurgiu est un centre médiéval de deux mille quatre-cent habitants, à mi-chemin entre Oristano et Bosa, dont le nom dérive du saint-soldat Lussorio, qui prêcha en ce lieu avant le martyre (303 ap. J.-C.). Entre le XIXe et le XXe siècle, c'était un centre culturel renommé, une résidence d'été d'aristocrates et d'hommes de lettres, ainsi qu'une place forte anti-féodale. Aujourd'hui ses structures d'hébergement et de restauration sont des destinations pour les touristes attirés par le centre historique, la culture et les excursions. L’itinéraire part des sept sources d'eau de San Leonardo di Siete Fuentes, une bourgade « fantôme » née au XIIe siècle, « en vie » jusqu'au XVIe siècle. Il reste son église romane qui est plongée dans la forêt de san Leonardo. La villa jouit de prestige et de prospérité jusqu'à la conquête aragonaise, puis elle déclina. Vice-versa, Santu Lussurgiu se développa, il était né autour de l'église de santa Croce, consacrée à l'origine à san Lussorio (1185).

Le « parcours des sources » continue à Silbanis. Puis dans l'agglomération, à su Sauccu, vous pourrez voir l'ancien lavoir, et dans le parc, Funtana longa. Après une halte et un rafraîchissement à sa Preda Lada, il faut monter plus haut, à s’Ena ‘e s’Alinu, sos Crabalzos et à la scénographique Elighes Uttiosos, des « chênes verts gouttants » : l’eau semble jaillir des chênes verts. Les sources donnent vie à des torrents et à des cascades, parmi lesquels s’Istrampu de sos molinos, dont le nom rappelle les nombreux moulins utilisés à l'époque préindustrielle, avec les foulons pour tisser et confectionner des tissus. Des bois de chênes verts, des chênes et des châtaigniers, peuplés de cerfs et de mouflons et survolés par des faucons et des vautours fauves, entourent les routes en gravier tortueuses et raides et les maisons du village en pierre basaltique ou en tuf. Chaque quartier offre des coins suggestifs : comme la terrazza di sa Rocca, où se dresse la statue du Christ d'Edgardo Mugnoz. Les anciens ateliers d'artisanat sont renommés pour les tapis, les couteaux et les équipements pour les chevaux, auxquels est dédiée, au début du mois de juin, Cavallinfiera, la foire sarde la plus ancienne du secteur (1906). La tradition réside également dans les fêtes : le carnaval est sa Carrela ‘e nanti, une course à cheval sur une route en gravier du centre. Elle est précédée quelques jours auparavant par Cantigos in Carrela, des spectacles de chant le long des rues. Le patrimoine du canto a cuncordu est transmis par les confréries qui entonnent des chants religieux durant les rites de sa Chida Santa. À la fin du mois d'août vous pourrez assister à une autre joute équestre effrénée, l’ardia di san Lussorio autour de l'église de san Pietro. Tandis qu'entre juin et juillet les chevaliers de su Sotziu avec des habits traditionnels de Lussurgiu se produisent dans su Coru ‘e Zeus. La mémoire historique du village est préservée par le musée de la technologie paysanne, aménagée dans une grande maison du dix-huitième siècle, où sont collectés deux mille objets des activités traditionnelles. L'âme agropastorale s'exprime à travers l'élevage du bœuf rouge, d'où proviennent des viandes d'excellente qualité et le lait pour le fromage casizolu. L'eau de vie est également connue.

Le territoire fut habité à partir du Néolithique, ce que confirment les domus de Janas de Matziscula et de Mandra ‘e caddos. Le village de mont Agudu, quelques tombes de Géants et de nombreux nuraghes, certains bien conservés remontent à la période nuragique. Les restes des villae de santa Ittoria, Camputzola et Banzos montrent le passage romain.