Il se dresse sur le haut-plateau du Gollei, dans le territoire de Dorgali, à dix kilomètres environ du centre habité, entouré d’âpres reliefs, d’oliviers millénaires et de maquis. Serra Orrios est l’un des ensembles nuragiques les mieux conservés: vous ferez un voyage dans le temps dans un village-sanctuaire, entièrement construit en blocs de basalte qui, de par ses dimensions et sa structure architecturale, représente une agglomération proto-urbaine qui laisse présume l’existence d’un projet.

Le village est constitué d’une centaine de cabanes circulaires, construites avec une base en rangées de pierres et couvertes de branches, à l’origine. Elles sont simples ou articulées dans plusieurs pièces – même pour héberger les animaux, typiques d’une société dédiée à l’agriculture et à l’élevage – qui donnent sur une seule cour avec un puits. Des niches ou des débarras ont été creusés dans les murs. Les sols sont en dalles de pierre, en pavés ou en terre. Au centre : un foyer, circulaire, délimité par les pierres. Pour imperméabiliser les structures on utilisait de l’argile et, peut-être du liège. Les habitations se groupent en trois pâtés de maisons, reliés par des ruelles et de petites places.

Le village-sanctuaire, en plus de deux sépultures mégalithiques, présente deux zones sacrées, chacune avec un petit temple a mégaron, un édifice de culture typique de la civilisation mycénienne, un fait qui laisse présumer des influences provenant de l’Égée. Les deux petits temples, probablement destinés au culte des eaux, sont bâtis sur un plan rectangulaire et sont dotés d’enceinte ; ils présentent une ante-cella et la cella longitudinale, bordée par un comptoir-siège.

La vie millénaire du village de Serra Orrios, qui a commencé durant l’âge du Bronze ancien et a pris fin à l’âge du Fer, se déroulait autour d’un marché, avec des activités accompagnées d’une ferveur spirituelle. La période la plus intense se situa entre l’âge du Bronze récent et le final, ce dont témoignent les nombreux objets céramiques – ollas à col cylindrique, bols carénés et brocs décorés – retrouvés au cours des fouilles et conservés au musée archéologique de Dorgali. La salle dédiée à la civilisation nuragique accueille l’exposition de poids de métier, fusaïoles et bobines qui témoignent des pratiques de filage et de tissage, ainsi que des réchauds en argile, puisoirs, polissoirs, pilons, meules et matrices de fusion qui démontrent une intense activité de production.

En partant de Serra Orrios vous vous rendrez facilement sur d’autres implantations nuragiques: les plus proches sont les nuraghes Oveni et Purgatoriu et les tombes des Géants de Biristeddi. Sur le territoire de Dorgali habité dès le Paléolithique, plus de 200 sites de l’âge du Bronze sont disséminés: 45 nuraghes, une centaine de lieux habités et une quarantaine de tombes de Géants, parmi lesquelles la plus célèbre est s’Ena e Thomes, le monument funéraire symbole de la période nuragique avec sa stèle de presque quatre mètres de haut. Parmi les villages, il est impossible de ne pas visiter Tiscali, à moitié avec le territoire d’Oliena, ancien site prénuragique et ensuite également centre habité des communautés indigènes ouvertes aux échanges avec la péninsule italienne. Tandis que les nuraghes Arvu et Mannu se détachent parmi les ‘tours’, qui dominent du haut Cala Fuili, tous les deux emblématiques de la réutilisation à l’époque romaine. Autour du Mannu, une implantation romaine se superposa, elle s’étend sur plus de deux hectares, et était ‘vivante’ jusqu’à la période impériale tardive. Tandis que parmi les témoignages prénuragiques les plus significatifs, remontant au Néolithique, on compte 55 domus de Janas, (maisons des fées ou des sorcières) parmi lesquelles celles de Marras, Pirischè et Campu Marinu, et le dolmen de Motorra.