Janas, durant la nuit d’Halloween
Elle a probablement des ascendances préhistoriques, il est certain qu’on la célèbre depuis la nuit des temps et qu’elle ressemble aux fêtes de la tradition anglo-saxonne. C’est la nuit de fin octobre quand les royaumes de la lumière et des ténèbres s’unissent et permettent aux âmes des défunts, une fois les portes du Purgatoire ouvertes, de retourner dans les lieux auxquels ils étaient attachés et d’errer parmi les vivants. Les janas racontées dans les légendes populaires insulaires et à travers la tradition orale se distinguent parmi les âmes suspendues. Ce sont de petits esprits en équilibre entre ciel et terre, les fées ou les sorcières, selon les lieux où ils sont invoqués, ont une voix douce et une beauté enchanteresse. Les tombes creusées dans la roche, symbole d’un facies culturel diffusé dans toute la Sardaigne entre les IVe et IIIe millénaires av. J.-C. habitent les domus de Janas.
Supramonte di Baunei, sur le toit du monde
Regardez autour de vous, vous le percevez déjà en montant le haut-plateau du Golgo di Baunei, d’où s’étend le Supramonte. Le paysage est une représentation de la nature primordiale, où plane l’âme archaïque de la Sardaigne : il y a l’abîme de su Sterru, un puits karstique en entonnoir très profond et mystérieux à côté du cercle de pierres nuragiques qui ferment les piscinas, les bassins naturels qui collectaient l’eau pour les anciens rites. Il y a des domus de Janas cachées dans la végétation et dans les hauteurs des nuraghes qui regardent Golgo et le village. Ces lieux qui ont échappé à la main de l’homme et on est charmé par l’atmosphère suspendue entre l’enchantement et la stupeur. Mais c’est seulement le prélude de ce qui vous attend en vous enfonçant à pied dans la codula de Sisine, le lit du fleuve souterrain qui remonte sur la plage splendide. Le parcours est aisé, avec peu de dénivelé, on arrive à la mer en faisant le plein de la beauté rencontrée sur la route, des falaises calcaires poussées vers le ciel, canyons, grottes, ravins et pinacles recouverts de genièvres et de maquis, d’anciennes bergeries, desanimaux sauvages, quelques bergers.
Les douces saveurs des fêtes
Depuis toujours un symbole de fêtes et de célébrations, les pains et les gâteaux typiques qui se préparent en Sardaigne pour les fêtes de Noël sont des joyaux riches en goût, toujours différents, d’un village à l’autre. Dans les fours du Logudoro on prépare su bacchiddu ‘e Deu, un pain en forme de bâton qui rappelle la crosse des évêques, et sa pertusitta, une fougasse décorée avec des images des bergers et des brebis en relief. Le goût de sa tunda, le pain rond de la région d’Oristano, est enrichi aux noix et raisin sec. En Ogliastra il existait une ancienne coutume qui revient de temps en temps, c’est celle d’offrir des pains en forme de cœur, d’étoile ou de nouveau-né. Originaire de la région de Nuoro, aujourd’hui préparé dans toute l’Île, c’est su pani cun gherda, à savoir avec les ciccioli (morceaux) de lard de porc. Il existe un gâteau, préparé autrefois uniquement à Noël, mais tellement bon que depuis des décennies on le prépare pendant toute l’année, le torrone de Tonara, sans sucre, uniquement à base de miel que l’on fait fondre à feu lent dans un chaudron en cuivre et que l’on remue pendant des heures, en ajoutant des amandes, des noisettes ou des noix.
Des cascades d’eau pure
Sur une île de volcans très anciens, le Montiferru a été le plus grand. Aujourd’hui c’est un immense haut-plateau basaltique sillonné d’eaux impétueuses qui, à la limite entre Bonarcado et Santu Lussurgiu, génèrent la magnifique cascade de sos Molinos. Des courants souterrains remontent à la surface dans le bourg de San Leonardo, à l’intérieur de la forêt qui porte le même nom, avec les sources très pures et riches en minéraux de Siete Fuentes. Les eaux du Montiferru alimentent également le rio Salighes, un torrent tranquille qui est le protagoniste d’un phénomène avec peu d’équivalents au monde : il plonge directement dans la mer depuis la falaise de Cuglieri. La cascade s’appelle s’Istrampu de Capu Nieddu, un saut fracassant de 40 mètres encore plus suggestif si l’on l’écoute de la mer. Plus au sud, dans le Medio Campidano, on trouve le mont Linas avec les rochers les plus anciens d’Europe, une terre à la saveur primitive avec quelques traces de passages humains et peuplée de cerfs, de renards et de sangliers. La tranquillité de ses bois est ‘brisée’ par le fracas de trois cascades grandioses : sa Spendula fend la forêt comme une lame, pour le dire avec les mots de D’Annunzio, Piscina Irgas plonge de 45 mètres dans un petit lac caractéristique vert émeraude et Muru Mannu, qui compte parmi les plus hautes en Sardaigne, est entourée d’un amphithéâtre naturel spectaculaire.
Bourgs perdus et retrouvés
Du cœur d’Ulassai le ‘sentier Maria Lai’ monte vers la montagne jusqu’au canyon sa Tappara, ses parois sont un incroyable gymnase naturel avec plus de cent voies d’escalade libre, certaines faciles pour les novices, d’autres appréciées par les escaladeurs experts. La sortie du canyon s’ouvre sur la vallée du Padru, de ses flancs opposés on peut regarder deux villages fantômes, Gairo vecchio et Osini vecchio, submergés par le destin commun de l’abandon des maisons fragilisées par les éboulements et les glissements de terrain, après des jours de pluie incessante. Puis le lent exode vers des rivages plus sûrs, mais la nostalgie poussera les habitants à retourner parmi les vieilles maisons pour prendre soin des potagers et des jardins, depuis lors plus d’un demi-siècle a passé et les iris et les arums refleurissent et les roses grimpantes couvrent encore les murets en pierres sèches, les arbres continuent de donner des fruits en souvenir de la vie qui fut et qui reviendra peut-être. Dans la ‘vieille’ Osini certaines maisons ont été remises sur pied et la cloche de l’église rénovée sonne de temps en temps dans la vallée.
À l’école de voile
Prenez note, les écoles de voile reprennent en toute sécurité, quelques leçons à terre, la navigation à voile s’apprend à bord. Elle s’apprend vite sur le terrain à diriger les planches et les voiles, des plus faciles à manœuvrer aux plus difficiles, des agiles ‘monoplace’ laser, wind et kite surf, aux dériveurs mobiles où des équipiers d’avant et des timoniers travaillent à l’unisson entre des remontées au vent téméraires et des allures acrobatiques au trapèze, jusqu’aux romantiques bateaux de croisière. Dès que vous avez pris la mer vous apprendrez spontanément à être à l’écoute de l’atmosphère tout autour, comme par magie, il se crée un lien intime et physique avec la mer et le vent, un rapport difficile à rompre.
Il ne vous reste qu’à choisir le lieu où apprendre à ‘faire de la voile’, les écoles sont très répandues le long des côtes de l’Île, du golfe de Cagliari à celui de l’Asinara, du golfe d’Orosei à celui d’Oristano, de l’archipel de la Maddalena aux îles du Sulcis, de la côte de la Gallura à la Riviera del Corallo. Vous les trouvez près des plages les plus fréquentées et dans les cercles nautiques dont la base se trouve dans les ports et dans les escales touristiques. Si vous êtes prêt pour une expérience full immersion, vous avez à disposition les centres de voile les plus prestigieux. Cherchez votre école idéale, il vaut mieux s’essayer dans la navigation la plus ancienne, la plus poétique, celle qui est davantage en harmonie avec la mer de Sardaigne : ce sera la plus grande émotion de vos vacances !
Le monde caché des grottes
Ils conservent les chefs-d’œuvre de la nature, cachent des secrets, conservent la mémoire des habitants légendaires, ils en hébergent encore quelques-uns dans leurs méandres, parfois ils parlent. Comme sa Oche, ‘la voix’, dont le hurlement résonne dans la vallée de Lanaitto à Oliena, engendré par les courants d’air propulsés dans la grotte ‘jumelle’ su Bentu. Tout près de là, les paroles de Grazia Deledda résonnent, ce sont celles de son roman ‘L’edera’ et des récits du XIXe siècle, à mi-chemin entre la réalité et la légende, situés dans la grotte Corbeddu. C’était la demeure d’un ‘bandit-gentilhomme‘, dont elle porte le nom et qui la transforma en un tribunal personnel. C’est d’ici que proviennent quelques-uns des plus vieux restes humains retrouvés sur une île méditerranéenne. Même Ispinigoli de Dorgali et sa ‘colonne’ de 38 mètres de haut sont entourés d’histoires originales. Qui sait si le gouffre qui plonge à 60 mètres à la base de la grotte a été vraiment le théâtre de sacrifices humains, au point de mériter le nom d’‘abîme des vierges’. Par ici, le passage des monts à la mer est bref, et même les observations du phoque de mer s’imprègnent d’une légende : on ne sait pas s’il fréquente encore ou pas le golfe d’Orosei, mais il est certain qu’il vivait à Cala Gonone, dans les grottes du Bue Marino, qui lui sont dédiées. La ‘stanza delle spiagge’ (pièce des plages) était le refuge sûr pour mettre au monde et sevrer ses petits. Même les hommes du Néolithique se réunissaient ici, dans les mêmes ‘salles’ à fleur d’eau où depuis des décennies, chaque été, les concerts de Cala Gonone Jazz montent sur scène.
Des chaussures pleines de pas
Le climat est doux quasiment toute l’année, les températures sont agréables souvent même en hiver. Une lumière intense inonde les sentiers situés le long des côtes et qui serpentent dans les paysages les plus sauvages de l’intérieur, beaucoup d’entre eux sont peu battus et empreints d’une atmosphère primordiale impalpable qui domine sur la beauté des paysages. Ce sont des chemins et des parcours de randonnée qui font découvrir la Sardaigne la plus exclusive et réservée, à parcourir associés à l’esprit des lieux qui touche l'âme.
À table la tradition est tournée vers l’avenir
Le point de départ est la curiosité : on observe, on écoute, les mères et les grands-mères qui choisissent soigneusement les ingrédients, font étalage de leur savoir-faire, accomplissent des gestes quasiment rituels, en expliquant les différents passages avec patience et en peu de mots. Puis la passion, la ténacité, l’envie d’expérimenter entrent en jeu, en commençant par reproduire ce que l’on a appris et en ajoutant la juste dose d’imagination. La tradition de la cuisine sarde, avec ses particularités locales qui offrent des sensations et de saveurs uniques, se pare de nouveaux vêtements dans le troisième millénaire : ceux qui proviennent de la nouvelle génération de chefs talentueux et courageux.
Murales, galeries d’art en plein air
Ce fut un groupe de grands artistes, dans un moment historique caractérisé par l’agitation sociale et culturelle, qui enclencha l’‘étincelle’ créative. L’histoire des murales en Sardaigne est née dans un petit centre animé de la campagne de Campidania, puis, au fur et à mesure d’autres suivirent, de la Barbagia à la Planargia, et au-delà, vers le nord. L’Île, en bref, devint la capitale du muralisme. En partie, pour faire revivre des coins pittoresques en décadence, des murs en ladiri et des ruelles à demi-abandonnées, surtout pour relancer l’envie de faire entendre le cri de protestation et de souffrance, qui concernait des communautés entières. Des années plus tard, une nouvelle ‘flamme’ jaillit, libre et spontanée. Cette fois ce sont des artistes, locaux et pas, mais déjà célèbres au niveau international, qui transforment et ravivent le tissu urbain. Des murales au street art, de la protestation à l’expérimentation, la Sardaigne est toujours la protagoniste, comme une immense palette à colorer.