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Perdas fittas entre terre et ciel

Des lieux enveloppés de légendes et d’attraits, un monde ancestral qui parle à travers d’énormes pierres. C’est l’atmosphère que vous respirerez à Pranu Mutteddu de Goni et Bir’e Concas de Sorgono, dans le cœur verdoyant de l’Île, où des centaines de menhirs se concentrent : solitaires, en couples, en cercle ou en longues rangées qui symbolisent des parcours naturels, probablement orientés selon des phénomènes célestes. De la magie, de la sacralité et une puissance magnétique, comme dans la célèbre Stonehenge, mais ici les menhirs sont plus anciens et nombreux.

Plantées ‘au couteau’ dans le sol, les perdas fittas (les pierres, en sarde) s’élèvent vers le ciel entourés d’un paysage féérique : des bois de chênes séculaires, des prés de cyclamens et d’orchidées sauvages, des arbustes de lavande et de myrte qui parfument l’air. Même le ciel joue son rôle, le soleil filtre entre la nature vigoureuse et fait briller d’une lumière douce les énormes pierres à la forme allongée et effilée. Ils sont le refuge de l’âme, des lieux sensoriels qui enflamment l’imagination : tout ceci est-il réel ou s’agit-il d’une fable racontée par la nature ?

Scénographie sous le ciel étoilé

« Les îles du cinema » est un circuit de quatre festivals sur les îles mineures de la Sardaigne. Tavolara devient à la mi-juillet une immense salle sous la voûte étoilée, pour la Notte in Italia (nuit en Italie). Créé en 1991, ce pittoresque rendez-vous, devenu depuis un classique du paysage national, se concentre sur les réalisateurs et la créativité du cinéma italien. La rencontre et la connaissance entre public, artistes et responsables ont déjà lieu sur les bateaux qui rejoignent l’île au départ de Porto San Paolo, près de San Teodoro au sud d’Olbia. Dans trente ans, la crème du cinéma italien a foulé le seul tapis rouge qui trempe directement dans la mer, dans le cadre splendide de l’aire protégée de Tavolara-Capo Coda Cavallo. Le vernissage de «Una notte in Italia» 2024 mardi est 16 juillet, à la Peschiera di San Teodoro. Deux jours plus tard, le festival se déplace sur la petite place au bord de la mer à Porto San Paolo, tandis que du vendredi 19 jusqu'au dernier soir du dimanche, les spectacles se déroulent dans l'immense salle sous les étoiles de Tavolara, la montagne de granit qui s'élève de la mer.

L’exposition de l’Artisanat

L’essence de la Sardaigne est dans la trame d’un filé, dans les broderies d’un tapis et dans les formes d’une élégante robe traditionnelle. Son esprit est ‘tressé’ par des mains habiles dans une corbula de jonc ou d’asphodèle, il est enchâssé dans une maille filigrane, la technique par excellence de l’orfèvrerie sarde. La lumière de l’Ile brille dans une lame d’arresoja, dans le reflet d’un objet en verre ou dans le rouge intense d’un collier en corail. Son feu brûle dans la forme d’un meuble en fer forgé. Son âme est dans une sculpture en pierre, un symbole archaïque d’une terre millénaire. Connaitre la Sardaigne signifie s’enfoncer dans son identité la plus profonde et authentique à travers les techniques de décoration d’une scivedda (un récipient en céramique) et de gravure du bois d’une cascia (coffre nuptial) et de masques de carnaval, elle est dans le tannage des peaux pour en obtenir des chaussures ou des selles. L’artisanat artistique, traditionnel et de design, est l’âme vitale de la Sardaigne, un élément culturel essentiel d’un peuple qui transmet avec fierté des connaissances et des compétences séculaires.

Voyager avec goût

Frue, burrida, civraxiu, fregula, malloreddusu, casizolu, pani frattau, filindeu, tzilicca... Aucune préparation ad hoc pour ravir les palais, des notes simples et recherchées, des saveurs délicates et robustes associant savamment les produits terre-mer, des parfums d’assaisonnements spéciaux, des huiles extra vierges aux herbes sauvages. La gastronomie sarde est caractérisée par des gestes antiques et des rituels qui exaltent toute la maîtrise de la cuisine traditionnelle. Une gastronomie qui laisse les jeunes chefs s’exprimer et filtrer l’âme de leur terre à travers des plats ancrés dans les mémoires et dans l’histoire, une âme qui ne cesse de changer d’un lieu à l’autre. La Sardaigne est une terre de mélange où rien ne ressemble. Chaque village a ses propres traditions, sa propre culture, sa propre langue. La célèbre douceur « pas si douce » n’échappe pas à la règle. Pour la déguster à Nuoro, vous devrez demander une sevada, tandis qu’à Cagliari il vous faudra demander une seada. Dans d’autres parties de l’île, vous la trouverez également sous les noms de sebada, seatta ou encore sabada. Vous aurez à chaque fois l’impression de redécouvrir les nuances de ce dessert. Selon la ville, le fromage utilisé sera différent : pecorino ou lait de vache, cuit ou cru. Sans oublier le miel ajouté en fin de cuisson, délicat au Sud, plus âpre dans d’autres territoires.

La Sardaigne, une belle histoire

C’est un berceau entouré par la mer où il y a huit mille ans commença une civilisation mystérieuse et originale, ouverte aux innovations et aux contaminations culturelles, apportées par la mer d’une rive à l’autre de la Méditerranée ancienne. Les Sardes construisent des nuraghes sur les côtes avec des abris pour les bateaux, unis entre eux pour le contrôle de la mer et reliés à ceux qui ont été construits dans l’arrière-pays. La position de l’Île est stratégique, c’est un carrefour animé sur les routes commerciales fréquentées par les peuples navigateurs, parmi ceux-ci les pacifiques Phéniciens qui s’installeront en Sardaigne. Ils fondent celles qui seront les plus belles, cultivées et riches villes de tous les temps, Sulky, Bithia, Nora, Tharros, Karaly. Des biens, des idées et des connaissances circuleront librement entre les villes phéniciennes et les villages nuragiques jusqu’au moment où les peuples impérialistes débarquèrent assoiffés de nouvelles possessions.

Janas, durant la nuit d’Halloween

Elle a probablement des ascendances préhistoriques, il est certain qu’on la célèbre depuis la nuit des temps et qu’elle ressemble aux fêtes de la tradition anglo-saxonne. C’est la nuit de fin octobre quand les royaumes de la lumière et des ténèbres s’unissent et permettent aux âmes des défunts, une fois les portes du Purgatoire ouvertes, de retourner dans les lieux auxquels ils étaient attachés et d’errer parmi les vivants. Les janas racontées dans les légendes populaires insulaires et à travers la tradition orale se distinguent parmi les âmes suspendues. Ce sont de petits esprits en équilibre entre ciel et terre, les fées ou les sorcières, selon les lieux où ils sont invoqués, ont une voix douce et une beauté enchanteresse. Les tombes creusées dans la roche, symbole d’un facies culturel diffusé dans toute la Sardaigne entre les IVe et IIIe millénaires av. J.-C. habitent les domus de Janas.

Thermes de Forum Traiani

La passion pour les eaux thermales de la Rome antique arriva jusqu’aux extrêmes périphéries de leur empire, une province importante et proche comme la Sardaigne ne pouvait pas manquer. Ils construisirent dans l’Île leur principal établissement thermal à Fordongianus, pour exploiter des eaux qui remontent très chaudes (à 54 degrés) à la surface en conservant leurs propriétés bienfaisantes.

L’histoire des thermes, cependant, ici, comme dans tant d’autres établissements thermales insulaires, est beaucoup plus ancienne, elle remonte à la préhistoire : les Sardes prénuragiques et nuragiques considéraient ces eaux comme sacrées et les utilisaient déjà pour se soigner. Des sources et des puits sacrés attiraient ici les populations proto-sardes d’autres territoires insulaires proches et lointains, en effet les plateaux autour du village actuel sont constellés de sites préhistoriques, parmi lesquels Casteddu ecciu et différentes nécropoles en domus de Janas.

L’ensemble thermal romain fut édifié au bord du fleuve Tirso, précisément sur le site de Caddas (chaudes, justement) que les Romains appelèrent des aquae ypsitanae. Lempereur Trajan voulut que l’établissement soit bâti en bordure du centre urbain de Forum Traiani, le grand marché d’échange entre les populations romanisées de l’arrière-pays derrière le golfe d’Oristano et les communautés du nord et du sud de l’Île. Avec la construction de l’ensemble le forum devint également un lieu de bien-être et d’agrégation sociale, en plus des baignades dans les piscines, on se promenait le long des portiques autour des bassins en discutant de politique et d’affaires : Forum Traiani devint une destination convoitée pour cultiver la santé physique et mentale et les plaisirs de la vie. L’architecture, avec portique, salles et bassins, est encore aujourd’hui imposante et fait comprendre combien elle devait l'être à l’époque de la Rome impériale.

Au centre de l’établissement on trouve une grande piscine rectangulaire réservée aux bains dans l’eau tiède (tepidarium), autrefois couverte d’une voûte en berceau et entourée de portiques où l’on faisait halte et on se reposait entre un bain et l’autre. Sur les côtés des bassins de captation et de mélange et le Nymphée, un grand bassin entouré de niches pour l’exposition de statues et de cippes votives, il y avait l’espace sacré pour le culte des pouvoirs curatifs des aquae calidae. Le circuit des piscines thermales est plus isolé, des bains chauds (calidaria) au frigidarium avec des vestiaires et des espaces réservés à la restauration.

Autour de l’établissement thermal on construisit des maisons patriciennes, ‘structures d’accueil ’pour héberger les visiteurs, des édifices pour les activités civiles et les cultes funéraires, aujourd’hui le plus souvent englobées dans le sous-sol de l’agglomération de Fordongianus qui, dans de nombreux points de sa trame urbaine affiche les marques des anciens vestiges. Avec la chute de l’empire romain, les thermes furent lentement abandonnés, le coup de grâce arriva au Moyen-âge, quand ils furent démantelés pour y construire des églises, couvents et lieux de culte. Seules les parties de l’établissement strictement thérapeutiques et quelques autres échappèrent à la nouvelle vision du monde, fort heureusement suffisants pour poursuivre la tradition thermale et à faire aujourd’hui encore de l’ancien Forum Traiani un lieu de bien-être par excellence.

Les douces saveurs des fêtes

Depuis toujours un symbole de fêtes et de célébrations, les pains et les gâteaux typiques qui se préparent en Sardaigne pour les fêtes de Noël sont des joyaux riches en goût, toujours différents, d’un village à l’autre. Dans les fours du Logudoro on prépare su bacchiddu ‘e Deu, un pain en forme de bâton qui rappelle la crosse des évêques, et sa pertusitta, une fougasse décorée avec des images des bergers et des brebis en relief. Le goût de sa tunda, le pain rond de la région d’Oristano, est enrichi aux noix et raisin sec. En Ogliastra il existait une ancienne coutume qui revient de temps en temps, c’est celle d’offrir des pains en forme de cœur, d’étoile ou de nouveau-né. Originaire de la région de Nuoro, aujourd’hui préparé dans toute l’Île, c’est su pani cun gherda, à savoir avec les ciccioli (morceaux) de lard de porc. Il existe un gâteau, préparé autrefois uniquement à Noël, mais tellement bon que depuis des décennies on le prépare pendant toute l’année, le torrone de Tonara, sans sucre, uniquement à base de miel que l’on fait fondre à feu lent dans un chaudron en cuivre et que l’on remue pendant des heures, en ajoutant des amandes, des noisettes ou des noix.

Des cascades d’eau pure

Sur une île de volcans très anciens, le Montiferru a été le plus grand. Aujourd’hui c’est un immense haut-plateau basaltique sillonné d’eaux impétueuses qui, à la limite entre Bonarcado et Santu Lussurgiu, génèrent la magnifique cascade de sos Molinos. Des courants souterrains remontent à la surface dans le bourg de San Leonardo, à l’intérieur de la forêt qui porte le même nom, avec les sources très pures et riches en minéraux de Siete Fuentes. Les eaux du Montiferru alimentent également le rio Salighes, un torrent tranquille qui est le protagoniste d’un phénomène avec peu d’équivalents au monde : il plonge directement dans la mer depuis la falaise de Cuglieri. La cascade s’appelle s’Istrampu de Capu Nieddu, un saut fracassant de 40 mètres encore plus suggestif si l’on l’écoute de la mer. Plus au sud, dans le Medio Campidano, on trouve le mont Linas avec les rochers les plus anciens d’Europe, une terre à la saveur primitive avec quelques traces de passages humains et peuplée de cerfs, de renards et de sangliers. La tranquillité de ses bois est ‘brisée’ par le fracas de trois cascades grandioses : sa Spendula fend la forêt comme une lame, pour le dire avec les mots de D’Annunzio, Piscina Irgas plonge de 45 mètres dans un petit lac caractéristique vert émeraude et Muru Mannu, qui compte parmi les plus hautes en Sardaigne, est entourée d’un amphithéâtre naturel spectaculaire.

Novenario di Santa Cristina

Un village au centre de la Sardaigne s’anime et se remplit de fidèles deux fois par an, en mai et en octobre, le reste de l’année il ajoute une atmosphère de mysticisme et de sacralité à un lieu en soi magique, où les rites du culte de l’eau se célèbrent depuis des milliers d’années. L’église de santa Cristina et son ‘novenario’ pittoresque (ndt. Zone autour d’une église ou d’un sanctuaire champêtre où se trouvent des logements en pierre destinés à accueillir les pèlerins durant les neuvaines qui précèdent les fêtes religieuses célébrées dans ces sanctuaires particuliers), composé de 36 muristenes (logements pour pèlerins), se dressent dans le parc archéologique et naturel de santa Cristina, sur le territoire de Paulilatino, dont l’habitat se trouve à environ quatre kilomètres. Le charme qu’émane le sanctuaire réside précisément dans l’union de témoignages nuragiques, médiévaux et modernes, dans un lieu qui est resté une zone de culte et de dévotion pendant des millénaires.

L’église a subi de nombreuses réfections qui ne permettent pas d’en reconstruire son aspect d’origine. Probablement à l’origine elle fut érigée dans un style romain, dont il reste des traces dans les parties les plus anciennes le long des murs périmétriques. Le plan est à nef unique, avec un petit clocher sphérique sur la partie gauche de la façade. Vous observerez la façade depuis une esplanade rectangulaire située devant, appelée su corrale, tout autour des logements pour les fidèles, des maisonnettes en pierre à la structure simple et en même temps intéressante. La façade d’une d’entre elles comporte une inscription portant l’année de la construction : 1730. Dans ce cadre, le dernier dimanche d’octobre les fidèles fêtent Saint-Raphaël, tandis que la célébration la plus sentie a lieu en mai, quand les muristenes s’ouvrent pendant neuf jours en accueillant les pèlerins qui arrivent en signe de dévotion à sainte-Christine. La tradition raconte qu’elle fut tenue prisonnière et martyrisée dans une des structures nuragiques voisines, donnant ainsi naissance au culte et au pèlerinage des fidèles.

L’église, en effet, est le trait d’union entre deux centres de témoignages importants et célèbres de l’âge nuragique, en faisant penser que les moines camaldules de Notre-Dame de Bonarcado qui la construisirent à cheval entre les XIIe et XIIIe siècles, voulaient rompre l’atmosphère archaïque et païenne du site nuragique. Le premier centre héberge la zone sacrée par excellence, entourée d’oliviers séculaires : c’est le temple puits le mieux conservé de l’Île, construit avec une précision géométrique impressionnante. Vous admirerez le vestibule, les escaliers et la pièce avec une voûte en tholos (fausse coupole) avec des anneaux concentriques. L’eau éternelle du puits, notamment dans certains moments de l’année, reflète la lumière du soleil et de la lune créant des jeux de lumière envoûtants. Le temple est entouré d’une enceinte sacrée, tout autour on trouve des restes de cabanes nuragiques, parmi lesquelles la principale, ‘des réunions’, avec un siège circulaire. L’autre centre héberge un nuraghe monotour remontant au XVe siècle avant J.-C. – plus ancien que le puits- et les traces d’un grand village.